Plusieurs référentiels existent qui permettent aux entreprises, organisations ou collectivités de réaliser un Bilan Carbone et de mesurer leur empreinte carbone. Au nombre de ceux-ci, le GHG Protocol, ou Greenhouse Gas Protocol, qui est aujourd’hui le principal référentiel international de comptabilité carbone. Il structure la comptabilité carbone en trois périmètres d’émissions appelés scopes (ou champs d’application). Largement utilisée, la méthode du GHG Protocol favorise l’harmonisation et la comparaison des résultats des bilans carbones des entreprises à l’échelle mondiale.
Comme les autres référentiels de comptabilisation carbone, le GHG Protocol vise à mesurer les émissions de gaz à effet de serre (GES) des organisations et de leurs chaînes de valeur afin d’identifier des leviers d’action et de mettre en œuvre des mesures de réduction.
Qu’est-ce que le GHG Protocol ?
Fondé en 1998 à l’initiative de plusieurs organisations partenaires comme le World Resources Institute (WRI, basé à Washington) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD, basé à Genève), le GHG Protocol, est un programme qui s’est donné pour mission d’élaborer des normes de comptabilisation et de reporting des émissions de GES.
Ces normes se basent sur des cadres mondiaux complets et normalisés, établis en concertation avec des gouvernements, des associations professionnelles, des ONG, des entreprises ou d’autres organisations référentes.
Le but de ce travail collaboratif est que ces normes soient crédibles, compréhensibles, accessibles et largement utilisées à l’échelle mondiale, avec pour objectif final l’accélération de la mise en place de plans d’action et de réduction des GES, pour se conformer aux limites de réchauffement climatique préconisées par la science du climat (SBTi).
La première norme, The Corporate Standard, a été publiée en 2001 et révisée depuis.
Comment le GHG Protocol établit-il ses normes d’évaluation des GES ?
Le GHG Protocol fonctionne selon un principe collaboratif et de gouvernance multipartite. L’élaboration des normes de comptabilisation et de reporting des gaz à effet de serre se fait sous la responsabilité de groupes de pilotage et de travail techniques, qui rassemblent plusieurs entités.
À noter : le GHG Protocol est le standard le plus utilisé au monde pour effectuer un bilan carbone. Selon l’organisation, « en 2023, 97 % des entreprises de l’indice S&P 500 » (indice boursier qui comprend les 500 plus grandes entreprises cotées sur le marché boursier américain N.D.L.R) « publiant des données [avaient] déclaré leurs émissions au CDP* en utilisant le GHG Protocol. »
* Qu’est-ce que le CDP ? Le CDP ou Carbon Disclosure Project est un des cadres de référence mondiaux pour évaluer et piloter la performance environnementale des entreprise et organisations.
Que sont les scopes 1, 2 et 3 élaborés par le GHG Protocol ?
Le GHG Protocol propose de piloter et communiquer sur ses émissions de gaz à effet de serre selon trois périmètres appelés scopes 1, 2 et 3.
Cette classification reconnue est aujourd’hui largement utilisée par les entreprises à l’échelle mondiale.
Pour mieux comprendre les scopes du GHG Protocol et le détail de ces trois périmètres d’évaluation des GES, lisez notre article dédié, « Scopes 1, 2 et 3 : comprendre les périmètres d’émissions d’une entreprise ».
Voici résumée, la définition précise des Scopes 1, 2 et 3 :
Scope 1 : les émissions directes
Le Scope 1 couvre les émissions directes de gaz à effet de serre, issues de combustibles fossiles, provenant des sources détenues ou contrôlées par l’entreprise : combustion de carburants, chauffage, procédés industriels, flotte de véhicules, etc.
Scope 2 : les émissions indirectes liées à l’énergie
Le Scope 2 concerne les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie pour l’électricité, la vapeur, la chaleur et la production de froid, achetés ou acquis.
À noter : les scopes et leurs exigences de comptabilisation sont actualisés régulièrement. Ainsi les orientations relatives au Scope 2 ont fait l’objet d’une consultation publique entre 2015 et 2025. De nouvelles exigences, études de cas et recommandations ont par la suite été publiées.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du GHG Protocol, page Scope 2 Guidance.
Scope 3 : les émissions indirectes issues de la chaîne de valeur
C’est le périmètre le plus vaste et le plus stratégique. Il comprend les émissions indirectes liées aux activités de l’entreprise tout au long de la chaine de valeur : achats de biens et services, transport amont et aval, déchets, déplacements professionnels, usage des produits vendus, numérique, fin de vie, déchets, etc.
Dans de nombreux secteurs, le scope 3 représente la majorité des émissions totales de l’entreprise.
C’est également le périmètre le plus complexe à mesurer, car il implique de collecter des données auprès de nombreux acteurs : fournisseurs, prestataires, clients ou partenaires logistiques.
Analyser les trois scopes GHG Protocol permet d’avoir une vision globale de l’empreinte carbone de l’entreprise et des émissions de GES générées tout au long de sa chaîne de valeur.
À qui s’adresse le GHG Protocol ?
Référentiel international, le GHG Protocol est une méthode adaptée pour réaliser son bilan carbone dès lors que votre entreprise évolue à l’international.
Ce référentiel convient donc parfaitement aux grandes entreprises ou pour celles qui ont une chaîne de valeur complexe qui couvre plusieurs pays, et est particulièrement adapté aux organisations souhaitant mesurer leur empreinte carbone selon un standard reconnu à l’international.
Par ailleurs, les scopes sont aujourd’hui une référence et un outil que beaucoup connaissent et comprennent, leur usage peut donc faciliter la lecture et la compréhension des résultats de votre bilan carbone par vos partenaires, prescripteurs ou clients.
La norme du GHG Protocol a été rédigée du point de vue d’une entreprise réalisant son inventaire de GES. Elle convient toutefois également aux autres types d’organisations telles que les ONG, les organismes publics et les universités par exemple.
Bon à savoir : différence GHG Protocol et Bilan Carbone®
Le GHG Protocol n’est pas une méthode concurrente du Bilan Carbone® de l’ABC.
Ces deux référentiels poursuivent le même objectif : mesurer les émissions de gaz à effet de serre.
La différence principale tient à leur origine, leur diffusion géographique et certaines spécificités méthodologiques.
En France, de nombreuses entreprises utilisent conjointement les principes du GHG Protocol et la méthode Bilan Carbone®.
| Vous êtes… | Référentiel conseillé (à titre indicatif) |
| une PME française | Bilan Carbone® |
| une Entreprise soumise au BEGES | BEGES |
| un Groupe international | GHG Protocol |
Comment fonctionne la méthode GHG Protocol ?
Vous vous interrogez sur l’intérêt de réaliser un Bilan Carbone, les obligations réglementaires ou les aides disponibles ? Découvrez notre article « Pourquoi réaliser un Bilan Carbone en entreprise ? »
Le GHG Protocol a établi une « norme de comptabilisation et de déclaration des émissions de GES à l’échelle de l’entreprise », qui définit ses exigences et orientations, à destination des entreprises et autres organisations désireuses d’élaborer un inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).
Sont couverts par cette norme, qui fait actuellement l’objet de travaux d’évolution, les sept gaz à effet de serre visés par le Protocole de Kyoto :
– le dioxyde de carbone (CO2),
– le méthane (CH4),
– le protoxyde d’azote (N2O),
– les hydrofluorocarbures (HFC),
– les perfluorocarbures (PFC),
– l’hexafluorure de soufre (SF6)
– et le trifluorure d’azote (NF3).
La « GHG Protocol Corporate Accounting and Reporting Standard » a été mise à jour en 2015 avec les orientations relatives au « Scope 2 » (émissions indirectes liées à l’énergie). Elle est téléchargeable sur le site du Greenhouse Standard Protocol.
Des travaux d’évolution des normes de la méthode GHG Protocol sont toujours en cours, afin de tenir compte des nouveaux enjeux climatiques et réglementaires.
La norme du GHG Protocol est par ailleurs compatible avec les autres méthodes de comptabilisation des GES ou pour établir son Bilan Carbone, comme celles de l’ABC ou du BEGES pour la France.
Enfin, des outils de calcul sont aussi disponibles sur le site web du GHG Protocol. Ils proposent des instructions étape par étape, ainsi que des feuilles de calcul électroniques, pour aider les entreprises à calculer les émissions de GES provenant de sources, de secteurs ou d’industries spécifiques.
Pour aller plus loin, découvrez également nos guides dédiés au Bilan Carbone, aux scopes 1, 2 et 3 et au BEGES réglementaire.
Comment une entreprise applique-t-elle concrètement le GHG Protocol ?
Le GHG Protocol entreprise suit 5 étapes qui correspondent à la logique du Corporate Standard.
1. Identifier les activités de l’entreprise
2. Déterminer les périmètres organisationnels
3. Collecter les données
4. Calculer les émissions de GES
5. Construire un plan de réduction des GES et une stratégie climat
En résumé
Le GHG Protocol permet de :
✔ mesurer les émissions de GES
✔ structurer les résultats selon les scopes 1,2,3
✔ comparer les performances à l’international
✔ construire une stratégie climat
✔ répondre aux attentes des investisseurs et partenaires
Faites-vous accompagner
Choisir le bon référentiel, mesurer votre empreinte carbone, calculer vos émissions de GES et construire un plan d’action demande une véritable expertise.
Chez Entreprises engagées, nous accompagnons entreprises, collectivités et associations avec les principaux référentiels reconnus : méthode Bilan Carbone®, BEGES réglementaire et GHG Protocol.
👉 Contactez nos expertes pour construire une stratégie climat adaptée à vos enjeux.