EcoVadis : Retour client de Xavier Janin, Président du groupe Alkern sur son expérience en moins de 10 questions

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Le président directeur général du groupe Alkern, Xavier Janin livre un témoignage sur son expérience du processus de notation EcoVadis au sein de son entreprise. Comment a-t-il perçu cette notation comme une opportunité et non une contrainte ?

Pouvez-vous présenter votre entreprise en quelques mots ?

Je m’appelle Xavier Janin. J’ai pris la direction du groupe Alkern il y a 2 ans et demi, début 2020, juste avant les périodes de confinements liées au Covid.. Le groupe Alkern est une entreprise représentée par 1 000 collaborateurs et 55 sites en France et Belgique. Notre métier consiste à produire des matériaux de construction pour servir trois grandes activités qui sont principalement le bâtiment,  la fourniture de produits d’aménagement extérieur, ainsi que les produits destinés aux travaux publics (mise en place réseaux hydrauliques, réseaux télécom, mobilier urbain durable, etc).

Quelle était la situation du groupe avant la démarche RSE ?

Avant de commencer notre démarche il y a 1 an, nous étions un groupe industriel avec une démarche environnementale ancrée dans le groupe puisque la majotité de nos sites possèdaient la norme ISO 14001. Il y avait également de nombreuses initiatives environnementales et locales sur chaque site. Ces initiatives concernaient nos efforts dans la réduction de notre impact environnemental8 comme :notre consommation d’eau, d’énergie, notre production et la gestion de nos déchets. Nous avions depuis longtemps mis en place des palettes recyclées pour transporter nos produits, sur certains sites nos granulats sont issus d’autres industries comme des coquilles Saint Jacques issues de l’industrie agroalimentaire, etc… Une démarche responsable avait donc déjà été entreprise sur nos sites industriels.

Pourquoi s’être questionné sur une démarche RSE ?

A l’été 2020, suite au confinement, nous avons éprouvé le besoin avec mon équipe de direction de redonner du sens et de nous questionner sur notre utilité. Après cette période troublée, était en effet nécessaire de rappeler à nos collaborateurs pourquoi ils travaillaient et de redonner du sens à leur travail. Nous avons donc réécrit notre raison d’être en y rappelant que nous étions là pour servir le territoire et y amener des solutions responsables. Ainsi, la raison et la façon d’être sont un rappel des valeurs de notre entreprise dans sa façon de fonctionner. Au fil des réflexions avec notre Comité de direction, nous nous sommes dit qu’il était nécessaire d’aller plus loin. La démarche RSE est donc un projet d’entreprise au service de la stratégie. Il fallait mettre de la cohérence globale dans notre activité ; dans nos initiatives environnementales, nos valeurs et dans notre façon de nous positionner sur le marché.

En quoi est-ce important pour vous de s’engager en tant que dirigeant ?

Tout d’abord, il faut personnellement y croire : un dirigeant ne peut engager son entreprise et tous ses collaborateurs s’il ne croit pas en ce qu’il fait. Sinon il y a un désalignement entre son discours et les faits. Puisque c’est un projet d’entreprise, si l’engagement ne vient pas de la direction, la démarche n’avancera. En effet la RSE est extrêmement transverse : Plus qu’une démarche environnementale, cela touche aussi les ressources humaines, l’image employeur, la manière de se comporter socialement, la gouvernance, les valeurs, le commerce, les partenaires financiers, les actionnaires. En fin de compte, cette démarche RSE et cet engagement touche à toute l’entreprise et à l’image qu’on souhaite porter de cette entreprise. Le premier promoteur de cette entreprise ce sont mes équipes et moi, il faut ainsi que la démarche vienne du dirigeant pour qu’elle irrigue dans toute l’entreprise et que cela se décline dans toutes les parties de l’entreprise.

Quels obstacles avez-vous rencontré au cours de votre démarche ?

Les obstacles, ce sont nous qui nous les mettons : à partir du moment où nous pensons que ce que nous faisons a du sens, nous supprimons les obstacles. L’obstacle majeur reste le temps. J’ai cherché à faire en sorte que les gens soient fiers de travailler pour Alkern : c’est un sujet facile à amener sur une table, il ne peut générer que de l’adhésion.

La clé dans la manière de mettre en place une démarche dans notre entreprise, ce n’est pas de mener davantage d’actions. Il faut valoriser et mettre en lumière auprès des collaborateurs les bonnes pratiques déjà existantes. De manière à capitaliser dessus puis de rendre très concret leur impact. A cela, il faut ajouter les indicateurs RSE mis en place. Ceux-ci ont été définis tous ensemble, il y a un tableau de bord suivi tous les mois. Finalement c’est un des tableaux de bord de performance de l’entreprise. Tous les mois nous le partageons avec nos actionnaires. Il est important de choisir des indicateurs qui reflètent la performance de l’entreprise, qui viennent aider à améliorer cette performance sur cette dimension RSE. Nous avons retenus une vingtaine d’indicateurs regroupés en 4 catégories : le volet social, sociétal, environnemental et la gouvernance.

Quels ont été les enjeux principaux dans la formalisation des pratiques ?

Il a fallu écrire des chartes, des politiques pour les achats, etc… et les rendre cohérents. Faire appel à Entreprises engagées fut donc un gain de temps considérable. Il y a eu trois étapes, une fois que nous avons mis en place ces chartes que cela soit sur les achats ou la politique environnementale, il a fallu choisir les indicateurs qui les représentent, puis définir des objectifs. Globalement il y a effectivement du travail mais en s’appuyant sur tout ce qui existe déjà dans l’entreprise, il faut surtout de l’adaptation et de la cohérence. L’aide d’Entreprises engagées fut précieuse pour rendre les choses cohérentes. Le cabinet nous a laissé beaucoup d’autonomie tout en nous guidant.

Pouvez-vous nous parler de votre premier rapport RSE ?

Ce fut une opportunité d’écrire ce rapport qui rend transparent les engagements. Derrière ce rapport RSE trouvent tous les indicateurs. Il fut envoyé aux 1000 collaborateurs, à leur domicile, ce qui procure un certain sentiment de fierté et contribue à améliorer l’image de la société en interne. Les partenaires financiers de l’entreprise, nos actionnaires et clients (souvent des collectivités locales) l’ont également reçu. C’est une véritable vitrine pour Alkern.

Rapport RSE soumis à EcoVadis

Comment avez-vous fait le choix d’EcoVadis, qui en était à l’initiative ?

Nous savions qu’un de nos gros clients, très structuré, allait demander à tous ses fournisseurs d’être certifiés EcoVadis. Nous avons donc voulu anticiper cette évaluation en la reprenant à notre compte, d’autant plus que nous ne savions pas où nous nous situions. Nous avons eu la médaille d’or EcoVadis du premier coup ! Il faut prendre l’évaluation comme une jauge et pas comme un but : C’est en résumé l’initiative d’un client qui nous y a amené, reprise et validée par le Comité de direction.

Finalement, considérez-vous La RSE comme une contrainte ou une opportunité ?

Je dirais que cela devient une obligation. On en parle de plus en plus. Il faut donc l’anticiper, cela facilite la marche qu’il sera nécessaire de faire et nous pourrons plus facilement répondre à ce qu’on attendra de l’entreprise en termes de reporting extra-financier et de comptabilité RSE. C’est un engagement à progresser. Je dirais donc que c’est une contrainte transformée en une opportunité. Surtout si cela nous différencie des concurrents. C’est l’occasion de montrer que nous sommes plus rapides sur les objectifs. Il est cependant nécessaire de faire attention au greenwashing concernant les indicateurs de notre entreprise. En effet, les premiers qui vivent nos engagements ce sont nos employés ; ce seraient donc les premiers déçus au niveau de l’entreprise. Si nous arrivons à transmettre cette envie de changement et de démarche au sein de toute l’entreprise, nous en faisons une opportunité. Ainsi, nous parlons de ce qui se fait réellement dans l’entreprise et nous ne vendons pas un rêve complètement utopique sur ce sujet.

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