Labels et certifications RSE : comment choisir selon la taille de son entreprise 

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Comprendre les labels RSE pour structurer et valoriser sa démarche responsable 

Aujourd’hui, la performance financière seule ne suffit plus à convaincre. Clients, partenaires, investisseurs et collaborateurs attendent des entreprises qu’elles prennent pleinement leur part de responsabilité. La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est devenue un enjeu stratégique incontournable. 

Selon une étude Odoxa pour Oracle France menée en février 2023, 92 % des Français considèrent la RSE comme un sujet important, et un tiers estime même qu’elle devrait être une priorité absolue pour les entreprises. Dans ce contexte, les labels et certifications RSE constituent des outils structurants pour formaliser, piloter et rendre visibles les engagements des organisations. 

Mais face à la multiplication des labels :  Label Numérique Responsable, Positive Company, Engagé RSE, PME+, il est légitime de se poser une question essentielle : quel label RSE choisir en fonction de la taille et des moyens de son entreprise ? 

Qu’est-ce qu’un label RSE ? 

Un label RSE est une reconnaissance officielle attribuée à une organisation ayant intégré les principes de la responsabilité sociétale au cœur de sa stratégie et de ses pratiques. Il atteste, de manière indépendante et vérifiable, que l’entreprise adopte une conduite responsable vis-à-vis de ses collaborateurs, de la société et de l’environnement. 

Concrètement, un label RSE : 

  • repose sur un référentiel structuré
  • donne lieu à un audit externe
  • est attribué pour une durée limitée (généralement 3 à 4 ans), 
  • s’inscrit dans une logique d’amélioration continue

En France, plusieurs labels font aujourd’hui référence, notamment le label LUCIE 26000, premier label RSE français, le label Engagé RSE délivré par l’Afnor, ou encore Fair For Life proposé par ECOCERT. 

Label RSE, écolabel, label développement durable : ne pas confondre 

Il est important de distinguer les différents dispositifs existants. 
Le label Développement Durable concerne principalement le secteur de l’enseignement supérieur. 
L’écolabel, quant à lui, certifie la performance environnementale d’un produit ou d’un service spécifique. 

Le label RSE, à l’inverse, évalue l’organisation dans son ensemble : gouvernance, pratiques sociales, impact environnemental, relations avec les parties prenantes. Il offre donc une vision globale et stratégique de la performance responsable de l’entreprise. 

Les fondements de la RSE et la norme ISO 26000 

Même si chaque label RSE dispose de son propre référentiel, tous s’appuient sur des principes communs issus de la norme ISO 26000. Cette norme internationale n’est pas certifiable : elle sert de cadre méthodologique pour structurer une démarche RSE cohérente et alignée avec les standards internationaux. 

Les quatre grandes dimensions de performance RSE 

Les labels RSE évaluent généralement les entreprises selon quatre axes complémentaires : 

  • La performance économique 
    Elle mesure la capacité de l’entreprise à assurer la pérennité de son activité, à créer de la valeur durablement et à sécuriser son modèle économique sur le long terme. 
  • La performance sociale 
    Cet axe concerne les collaborateurs : conditions de travail, formation, évolution professionnelle, qualité de vie au travail et équilibre entre vie professionnelle et personnelle. 
  • La performance sociétale 
    Elle analyse l’impact de l’entreprise sur son territoire et sur la société dans son ensemble, notamment à travers ses relations avec les parties prenantes, son engagement local et sa contribution au développement économique et social. 
  • La performance environnementale 
    Ce pilier évalue les actions mises en œuvre pour réduire l’empreinte écologique, maîtriser les consommations de ressources et limiter les impacts environnementaux. 

Pourquoi engager son entreprise dans une labellisation RSE ? 

Obtenir un label RSE n’est pas une simple démarche de communication. C’est un levier stratégique qui apporte des bénéfices concrets et mesurables. 

Donner de la crédibilité à ses engagements 

Un label RSE apporte une preuve objective et indépendante des actions menées. Il permet d’éviter les accusations de greenwashing et renforce la confiance des clients, partenaires et investisseurs, de plus en plus attentifs aux critères extra-financiers. 

Renforcer sa marque employeur 

Les collaborateurs sont de plus en plus sensibles au sens donné à leur travail. Une entreprise engagée et reconnue pour ses pratiques responsables favorise l’engagement, la fidélisation et l’attractivité des talents, notamment auprès des jeunes générations. 

Réduire son impact environnemental et optimiser ses coûts 

La démarche RSE conduit naturellement à une meilleure gestion des ressources, de l’énergie et des déchets. Ces optimisations génèrent souvent des économies opérationnelles tout en améliorant la performance environnementale. 

Anticiper les évolutions réglementaires 

Les entreprises labellisées RSE sont mieux préparées à l’évolution du cadre réglementaire. Elles évitent les adaptations dans l’urgence et gagnent en sérénité face aux nouvelles obligations liées au développement durable. 

Comment choisir le bon label RSE ? 

Le choix d’un label RSE doit être aligné avec la réalité de l’entreprise, ses objectifs et ses moyens. 

Les critères essentiels à prendre en compte 

  • La taille de l’entreprise 
    Les grandes entreprises et groupes internationaux se tournent souvent vers des labels reconnus à l’international, comme EcoVadis
    Les PME et TPE privilégient des labels plus accessibles et adaptés à leur structure, comme B Corp ou PME+
  • Le secteur d’activité 
    Certains labels sont sectoriels. ECOCERT, par exemple, s’adresse en priorité aux entreprises de l’agroalimentaire et aux fabricants de produits naturels, avec des critères adaptés à leurs enjeux spécifiques. 
  • Les ressources disponibles 
    Un label exigeant nécessite du temps, des moyens humains et une mobilisation interne forte. Il est essentiel d’évaluer la capacité réelle de l’entreprise à s’engager durablement dans la démarche. 

Un label RSE reconnu apporte transparence, crédibilité et cohérence à votre communication responsable. Il peut également s’intégrer à votre rapport RSE ou à votre déclaration de performance extra-financière (DPEF)

Labels, certifications, normes et chartes RSE : quelles différences ? 

On distingue quatre grands types de dispositifs RSE : 

Le label RSE 
Il repose sur un audit externe indépendant et atteste des bonnes pratiques de l’organisation. Il peut être valorisé dans l’ensemble de la communication de l’entreprise. 

La certification RSE 
Encadrée par la loi, elle s’appuie sur des normes reconnues (ISO 9001, ISO 14001) et implique un processus de vérification rigoureux. 

La norme RSE 
Basée principalement sur ISO 26000, elle sert de cadre de référence interne mais n’est pas certifiable. 

La charte RSE 
Elle correspond à un engagement volontaire, sans contrôle externe, fondé sur l’autodéclaration. 

Les labels RSE basés sur la norme ISO 26000 

La norme ISO 26000 s’articule autour de sept piliers : gouvernance, droits humains, conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions consommateurs et engagement sociétal. 

Les labels RSE généralistes 

Ils évaluent l’ensemble de la démarche RSE de l’entreprise. On retrouve notamment LUCIEEngagé RSEPositive Company et PME+

Les labels RSE thématiques 

Ces labels se concentrent sur un enjeu spécifique : 

  • Great Place To Work pour la qualité de vie au travail, 
  • Numérique Responsable pour l’impact du digital, 
  • BiodiverCity pour la biodiversité, 
  • Labels Égalité professionnelle pour la parité et la non-discrimination. 

Les labels RSE sectoriels 

Ils sont conçus pour répondre aux spécificités de certains secteurs d’activité et proposent des critères d’évaluation adaptés aux réalités opérationnelles. 

Les labels RSE les plus « reconnus« 

Label LUCIE 

Premier label RSE en France, il repose sur sept engagements fondamentaux, un audit externe rigoureux et un suivi tous les 18 mois garantissant l’amélioration continue. 

Label Engagé RSE (Afnor) 

Délivré par l’Afnor, il comprend une évaluation complète sur site et des entretiens avec les parties prenantes. La labellisation est accordée pour trois ans. 

Label Positive Company 

Il adopte une approche participative en évaluant la perception des clients, fournisseurs et salariés sur cinq dimensions clés : activité, gouvernance, social, environnement et impact local. 

Label PME+ 

Conçu pour les entreprises françaises indépendantes, ce label repose sur un audit annuel et un référentiel inspiré d’ISO 26000, adapté aux PME. 

Label Numérique Responsable 

Il évalue les pratiques liées aux usages numériques, aux équipements informatiques, à la consommation énergétique et à la sobriété digitale. 

Conclusion 

S’engager dans une labellisation RSE, ce n’est pas seulement améliorer son image. C’est avant tout structurer une démarche responsable, crédible et durable, au service de la performance globale de l’entreprise. 

Dans un contexte de renforcement des attentes sociétales et de durcissement progressif de la réglementation, choisir un label RSE adapté à la taille, au secteur et aux objectifs de son entreprise constitue un levier stratégique majeur. Une démarche qui permet à la fois de se différencier, de gagner en crédibilité et de préparer sereinement l’avenir. 

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